Vue générale avant 1891, depuis la colline de Bellevue.
Photo André Kern. Crédit Musée d’Yverdon et région.
« Le vieil Yverdon », éditions de la Thièle, Yverdon-les-Bains, 1994, p.13.
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Les berges du lac ne sont encore que des terrains vagues apparus à la suite de la correction des eaux du Jura en 1879. Auparavant, lorsque le lac était très haut, il pouvait atteindre la ligne de chemin de fer Yverdon-Fribourg, qui a ainsi été une digue artificielle au moment de sa création en 1876. Dans l’ensemble, les lignes de chemin de fer, aménagées dès 1855, se sont substituées aux enceintes de la ville médiévale : elles ont établi une nouvelle frontière entre le lac et la ville en pleine extension.
Au premier plan, de droite à gauche, se détachent les dépendances du domaine de Clendy-Dessus (la Villette dès le milieu du XIXe siècle). Dans l’axe de la promenade Haldimand se trouvent deux bâtiments édifiés à la fin du XVIIIe siècle par les Cérenville. Celui de gauche a abrité «la Vieillesse abandonnée» à partir de 1892. Quant à celui de droite, démoli en 1994, il appartenait déjà au début de notre siècle à la famille Delmarco, qui en a fait ses bureaux administratifs quand l’entreprise de transports était encore installée dans ce secteur. A l’extrême gauche de la vue on distingue le carrefour des Quatre-Marronniers avec la ferme Rouilly, disparue en 1958 pour permettre la construction de l’école.
Au second plan, la limite de la ville se situe à la rue au Cuendoz, ou rue Saint-Roch, construite et habitée surtout par les entrepreneurs Landry. En avant, au centre de la photographie, la tuilerie édifiée par la ville en 1796 et sans cesse modernisée, devenue en 1900 la «briquetterie mécanique», disparue en 1993 après une longue période d’abandon. Entourée de ses imposantes promenades de marronniers se dessine plus loin la place d’Armes, à la surface encore entière avant la construction du collège et du casino. A droite de la vue, la ligne de peupliers d’Italie longe le canal Oriental et l’aire du stand de tir. A l’arrière-plan, le terrain sur lequel sera construit le quartier des Cygnes commence à émerger. Un seul bâtiment existe à cet endroit : une vaste écurie militaire. Sur les pentes du Mont de Baulmes, une ligne au-dessus d’une série d’éboulis permet de situer le tracé de chemin de fer Yverdon-Sainte-Croix, inauguré en 1893.